Présenter La Tosca ? Voyons vous n’y pensez pas ! Quel intérêt ? Une rencontre entre un compositeur italien Giacomo Puccini et un livret de Victorien Sardou. Une première qui fut un échec en 1900. Des airs mémorables, une joie pour le chant, portés par des célébrités ; une Callas légendaire, un opéra sombre glauque et tragique. Une plongée dans le mal. Voici quelques raisons d’aller voir TOSCA. Une réussite et une référence lyrique à découvrir et à redécouvrir. Tout cela a été dit et redit. Que dire de l’histoire ? Qu’elle est au centre de la tragédie. Qu’elle va broyer les êtres, petite ou grande ! Trois actes qui mènent à des violences orchestrées par un monstre nommé Scarpia, commissaire et bourreau politique acharné à faire régner son propre ordre. C’est lui L’âme noire de la pièce, son centre et son moteur, qui va détruire inlassablement les protagonistes. Un acte d’exposition. Une évasion de la prison saint Ange, Un peintre Mario qui recueille le fugitif et lui porte secours. Une Tosca amante jalouse qui va hanter la pièce de son amour et son dévouement pour lui. Les malheureux qui vont se retrouver dans un acte de résistance ! Un écrasement terrible ensuite dans l’acte II. Une chasse à l’homme démarre. Un Mario torturé par Scarpia et un fugitif bientôt exécuté. Des machinations incessantes et une avidité à détruire tout ce qui peut l’empêcher de posséder Tosca vont crescendo ! Un être avide de jouir. Un Epstein moderne doublé d’un Hannibal Lector, qui reste dans une tradition tyrannique à la Borgia à deux doigts de réussir à s’emparer de sa proie. Et un coup de couteau vengeur de la Tosca pour se venger et répondre à sa violence. Ce qui serait sans compter sur l’acte trois qui nous amène encore plus loin dans les mécanismes destructeurs d e l’histoire. Une machination qui échoue. L’exécution de Mario, et pour finir le suicide de la Tosca pour échapper aux agents de Scarpia venu l’arrêter. Ouf ! De la noirceur ! L’écrasement de la résistance, la torture. La figure de l’âme damnée ; Le grand méchant ultime dont on apprécie la mort de la main de la Tosca. Acte de résistance, de désobéissance pure. Une désobéissance impulsive à l’écrasement de toute valeur. Un grand sursaut de désobéissance volontaire. Il faut tuer le tyran ; applaudissement ! Tout se gâte. Là où l’espoir était présent, Mario meurt. Inconsolable elle se suicide. On regrette alors que la révolte s’arrête là et que l’on n’aille pas plus loin. On imagine une autre Tosca plus moderne plus décidé, plus politique, décidé à en finir avec l’ensemble des tyrans. Ce qui nous amène à une réflexion sur l’esprit de la résistance qui est le l’espoir et le cœur. Dès lors qu’ils ne sont plus là on comprend l’épuisement, le désarroi de la Tosca, et son suicide. Philippe Escudier